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Du 23/05/2018 au 31/12/2018 -

Diagnostiquer une hypertrophie bénigne de la prostate : HBP.

 

  • Liée au vieillissement physiologique, l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est histologiquement présente chez la moitié des patients de 45 ans, 80 % de ceux de 60 ans et 100 % de ceux de 90 ans. 
  • L’HBP constitue un obstacle à l’écoulement des urines et peut entraîner une réaction de la paroi vésicale (hyperactivité vésicale).
  • Le diagnostic clinique repose sur l’interrogatoire : troubles du remplissage (pollakiurie diurne et nocturne, urgenturie, nycturie), troubles per-mictionnels (retard au démarrage, dysurie, jet faible, interruption de la miction, jet haché, miction par poussée) et post-mictionnels (gouttes retardataires, sensation de vidange vésicale incomplète). 
  • La symptomatologie peut être stable ou évoluer plus ou moins rapidement vers des complications. Une HBP compliquée donne lieu à un traitement chirurgical. Il n’existe pas de parallélisme entre le volume d’une HBP et la gravité des symptômes. 

 

 

  • Chez de nombreux patients, l’HBP est associée à un syndrome métabolique, dont elle fait probablement partie. Ce syndrome regroupe des désordres secondaires à l’insulinorésistance associée à la surcharge graisseuse abdominale : troubles glycémiques, hypertriglycéridémie, HDL-cholestérol bas, HTA, périmètre ombilical > 94 cm. En soins primaires, la probabilité de recevoir un traitement médicamenteux de l’HBP est multipliée par 1,5 en présence de 2 marqueurs du syndrome métabolique, et triplée lorsque les 5 critères sont présents. On suppose que l’hyperinsulinémie pourrait agir comme un facteur de croissance de la prostate. Chez les patients souffrant à la fois d’un syndrome métabolique et d’une HBP, les règles hygiéno-diététiques et la perte de poids pourraient réduire les symptômes urinaires dans 25 % des cas, sans traitement médicamenteux associé.
  • L’association de SBAU avec une dysfonction sexuelle est fréquente (43-82 % des hommes présentant une HBP, selon les études). Le lien ne serait pas seulement épidémiologique mais aussi physiopathologique. Nécessaire dans le bilan initial de l’HBP, l’évaluation de la fonction sexuelle (par l’auto-questionnaire IIEF-6 par exemple) influe sur les propositions thérapeutiques.

 

 

 

  • Une échographie réno-vésico-prostatique avec mesure du résidu post-mictionnel (RPM) permet d’apprécier le volume prostatique et le retentissement éventuel sur le haut appareil urinaire. Un RPM>200 cm3 témoigne d’une obstruction sévère.
  • La créatinine permet de dépister un retentissement rénal chronique. 
  • L’ECBU fait partie du bilan initial : certains signes fonctionnels sont communs à l’HBP et à l’infection urinaire. 
  • Pour l’Association française d’urologie (AFU), le PSA fait partie du bilan initial de l’HBP. Il augmente de 1 ng/mL tous les 10 mL de volume prostatique, mais un PSA > 4 ng/mL implique de réaliser des biopsies prostatiques. 
  • La débitmétrie, rarement réalisée en pratique, est encore recommandée par l’AFU afin de repérer les obstructions sévères (débit maximal < 10 mL/s). 
  • Le suivi annuel d’un patient présentant une HBP se fait sur le score IPSS, la débitmétrie et la mesure du RPM. La surveillance est envisageable devant une HBP non compliquée et peu symptomatique. On préconise toujours la réduction hydrique après 18 heures, la limitation de la caféine et de l’alcool, le traitement d’une constipation associée et l’arrêt des traitements favorisant la dysurie (anticholinergiques, neuroleptiques…). Lorsque la qualité de vie est altérée, un traitement médical est possible.  

 

  • Les complications aiguës les plus fréquentes sont la rétention aiguë d’urine +/- insuffisance rénale aiguë obstructive. L’HBP favorise aussi les infections urogénitales (prostatite, orchi-épididymite) et les épisodes d’hématurie en lien avec la rupture de petites varices prostatiques. L’HBP ne peut être rendue responsable d’une hématurie qu’après avoir éliminé les autres étiologies d’hématurie macroscopique.
  • Les complications chroniques sont la rétention vésicale chronique, la lithiase vésicale et l’insuffisance rénale chronique obstructive. 

 

 

  • Article extrait du Généraliste N°2835